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  • Picus Baljan
  • Je vis à la campagne. J'aime la musique, le cinéma et pleins d'autres bonnes choses.
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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 17:17

Salut les Aminches.

En ce mois de février 2021 je suis enfin de retour. Je n'avais vraiment pas le temps de me consacrer au blog, j'étais trop occupé et avec cette histoire de pandémie, ça a mis un sacret bazar partout. En attendant je peux vous dire que je vais bien et je vous donnerai des nouvelles fraîches très bientôt.

En attendant je vous embrasse. Et quelques souvenirs...

Picus

Picus Baljan

Apostrophe'Café Live  Tous droits réservés © mars 2021

 

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 08:38

Bonjour les amis.

Il y a cinquante ans disparaissait mon grand père, Sylvain René Lejeau. Issu d'une famille modeste, il obtient son diplôme de jardinier arboriculteur en 1921 et part travailler dans les belles maisons de Touraine. En 1925 il est embauché au château de Moncé à Limeray pour l'entretien de la propriété cependant que son épouse Germaine est à la cuisine et au ménage. Jeanne arrive au monde en 1926. Les années passent dans la quiétude et le quotidien du travail bien fait, tandis que la petite Jeanne grandit auprès de ses parents, de ses copines et copains du village sans oublier ses cousins qui habitent non loin de Limeray. Mais le conflit de la Seconde guerre mondiale approche et bouleverse tout. Sylvain est mobilisé en 1940, après un périple qui le mène à l'arrière du front, il est malgré lui, cantonné dans le sud ouest de la France. Las d'attendre, sans réelles nouvelles, il écrit de nombreuses lettres à son épouse sans oublier sa fille Jeanne. En août 1940 alors que la France est occupée, Sylvain rentre enfin chez lui mais comme le maître de la propriété de Moncé a perdu beaucoup de biens durant le début du conflit, Sylvain et sa famille sont obligés de faire leurs bagages et de s'installer dans le bourg de Limeray. L'occupation se met en place ainsi que ses affres. Sylvain travaille chez les particuliers mais les engagements se font rares. A l'image du pays, la petite famille survit comme elle peu. Au cours de ces quatre années du conflit, Jeanne grandit, quitte l'âge de l'adolescence et devient une jolie et jeune femme. L'occupation terminée, la vie reprend son cours. Sylvain retrouve ses outils de jardin et l'amour du travail, Germaine s'occupe du foyer cependant que Jeanne, devenue entre temps marraine de guerre, s'éloigne de sa famille et se marie en novembre 1946 avec Maurice, un engagé volontaire de la 2 ème DB. Sylvain travaillera  Jusqu'en 1966, l'année de sa retraite à l'entretien des jardins, potagers et des arbres fruitiers de ses multiples clients, amis, sans oublier son patrimoine personnel. En mars 1970 Sylvain était emporté par la maladie. Son épouse Germaine restait seule dans la petite maison de Limeray, de son côté, Jeanne profitait jusqu'en 2004, durant les jours d'été, en compagnie de ses enfants et petits enfants de la petite maison de ses parents.

René et Germaine Lejeau en 1924...

En famille

En famille

Un été en Touraine

En famille avec les cousins..

Jeanne au premier plan avec ses parents et sa cousine...

Jeanne et sa meilleure amie en 1944...

Jeanne avec ses parents et un soldat américain John Curtis en 1945...

Mariage de Jeanne en novembre 1946...

Sylvain Lejeau avec son beau-frère René Fauvin à Limeray en 1950...

Jeanne et Maurice...

Nadine, Didier, Pascal et Corinne les enfants de Jeanne et Maurice (Maisons-Laffitte 1961).

13 mars 2020. Tous droits réservés.

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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 21:31

Hello les amis, découvrez les manifestations pour l'année 2020 mises en place par l'association Lim'Art. Les trois manifestations se dérouleront au Vieux palais de Limeray.

Du samedi 9 juin au samedi 16 juin, Philippe Bisch expose ses œuvres personnelles, Sculptures art primitif

Samedi 6 juin 2020 théâtre

Vendredi 19 juin soirée musique irlandaise.

Février 2020

Picus Baljan Lim'Art février 2020

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6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 22:23

La Loire toujours aussi belle à quelques pas de chez moi...

Picus Baljan - Laviedelapo - janvier 2020 - Tous droits réservés

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4 janvier 2020 6 04 /01 /janvier /2020 10:05

Hello les amis.

Une nouvelle année commence et je vous donne quelques nouvelles. Je ne vous oublie pas mais comme je suis souvent débordé, je ne me connecte pas souvent sur mon blog. Durant cette nouvelle année (2020), j'ai quatre projets, dont deux qui sont déjà calés. Une exposition de mon ami Philippe courant mai à Limeray ainsi qu'une soirée musique irlandaise courant juin, toujours à Limeray. Les autres projets sont en gestation. Côté publication littéraire, je suis à l'arrêt, mais peut être que d'ici la fin de l'année j'aurai le temps pour une petite surprise. Je vous dis à bientôt. Quelques clichés souvenirs.

Jeanne 1926-2004

Rujed

Une pensée pour l'ami Aubrian

Phiphi

Picus Baljan - La vie de L'Apo - janvier 2020

Tous droits réservés.

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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 14:29

Novembre 2017 l'ami Aubrian nous quittait pour un voyage sans retour.

Très souvent je pense à lui. Je me dis que le temps fait toujours l'affaire. C'est pourquoi aujourd'hui je publie quelques clichés de l'ami Aubrian et même si peu de personnes regardent mon blog, peu importe, car c'est aussi dans les cœurs et les esprits que se joue la vie de tous les jours.

Avant, je vivais un peu comme au bon vieux temps, comme tout le monde vivait la vie de ce monde terrestre et j'aspirais toujours à quelque chose de meilleur, mais maintenant tout est à l'envers. Aujourd'hui ce monde est bien réel et je ne brave pas la grise tristesse de la vie. Je suis enraciné dans la réalité matérielle mais aussi dans une autre vie impalpable, où perdurent les œuvres et la mémoire de l'ami Aubrian.

Picus Baljan et Rujed

Novembre 2019 - Clichés réservés

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 19:50

Une petite nouvelle humoristique en ce mois de septembre 2019 pour vous remettre en forme.

Picus

Blablabla...

 

 

Un dimanche d’août à la gare SNCF de Tours. Il est 17 heures 58, au stationnement de covoiturage. Franck est installé au volant de sa voiture, il attend les trois passagers qu’il doit déposer sur son trajet de retour en direction de Bordeaux. Damien descendra à l’aire de Saint Léger, Sophie quittera le véhicule du côté du quartier de Lormont à Bordeaux, cependant que Carole s’échappera Place de la Bourse, toujours à Bordeaux. Étant donné que Franck habite non loin du Parc de Lescure, faire un petit détour dans la capitale de l’Aquitaine, ne le contrarie pas. Spécialiste du covoiturage, Franck est à l’écoute et à la disposition de ses passagers. Et si il advient qu’un passager rencontre un problème au dernier moment, Franck n’hésite pas à patienter quelques minutes à l’aire de covoiturage, car Franck part du principe qu’il faut toujours compter avec les aléas, aider les gens.

Ce dimanche, les trois passagers sont à l’heure. Carole occupera la place passager à l’avant, tandis que Sophie et Damien s’installeront à l’arrière du véhicule. Cette disposition pertinente, souhaitée par Franck, permet en principe aux voyageurs de faire plus ample connaissance, même si parfois, durant quelque voyage, les passagers somnolent, consultent leur smartphone ou regardent tout simplement le paysage pour passer le temps. Au moment de partir, Franck se présente en quelques mots à ses passagers, charge les bagages dans le coffre, leur propose une petite bouteille d’eau, les rassure. 18 heures 10. Franck vérifie ses rétroviseurs, jette un petit coup d’œil dans l’habitacle pour s’assurer que tout le monde est bien en place, ouvre le toit ouvrant de sa voiture afin que tout le monde profite de l’air et non de la climatisation, puis il démarre. Et après quelques tours de roues, Franck entame la conversation :

- Je pense que ça devrait bien rouler. Ce week-end il n’y avait pas trop de monde sur la route lorsque je suis venu de Bordeaux. Si vous avez besoin de quelques chose, n’hésitez-pas à me le demander. J’ai encore des petites bouteilles d’eau à disposition. Je ne mets pas la radio car cela embête parfois les passagers.

- Merci Franck, répond Carole. Nous arriverons vers quelle heure à Bordeaux ?

- Généralement, si l’entrée de Bordeaux ne bouche pas, répond Franck, quatre heures trente feront l’affaire. Avec l’arrêt à Saint-Léger plus celui de Lormont, il faudra compter dix minutes supplémentaires. Je connais bien la route, j’effectue régulièrement ce trajet, y a pas de problème.

- Vous venez souvent à Tours ? demande Damien.

- Ça dépend de mes disponibilités. Quand je viens à Tours c’est pour rendre visite à un ami qui habite à quelques kilomètres de Tours. C’est un ancien patron de bar avec qui j’ai nouée une belle amitié et à cette occasion je rends également visite à son frère qui est très sympa, sans oublier d’autres amis très gentils, j’en profite également pour voir d’autres personnes que j’ai connues lorsque j’habitais Tours. Et vous, pourquoi Tours ?

- Je suis venu voir une tante qui habite le vieux Tours, répond Damien. Quand j’ai fait mes études à la fac des Tanneurs, j’habitais chez elle. Comme elle est seule, je lui rends visite deux, trois fois par an et à cette occasion je revois des potes de la fac. Je ne pense pas revenir avant l’an prochain.

Pour sa part, Sophie ne dit rien. Franck remarque que la jeune femme consulte son smartphone, manifestement la discussion ne l’intéresse pas tandis que Carole, la tête tournée vers le paysage, semble absente. Comme à chaque voyage, Franck opte pour la conduite raisonnée, prudent dans l’âme, très respectueux de la limitation de vitesse, il ne dépasse jamais les 128 kilomètre heure car on ne sait jamais, les radars peuvent être mal réglés ! Le trajet vers Bordeaux se déroule normalement. Damien enfonce des clous, Sophie interroge toujours son smartphone cependant que Carole semble préoccupée.

Saint Léger. Damien récupère son bagage, remercie Franck et salue les deux jeunes femmes. La voiture repart. Sophie a rangé son smartphone et se décide à entreprendre la discussion.

- Il n’était pas très causant ce garçon, dit-elle en faisant un rire ironique et condescendant.

- Ça arrive, répond Franck. Parfois les gens discutent tout au long du trajet, parfois ils préfèrent se reposer en attendant d’arriver. Personnellement je préfère quand les gens discutent mais je ne m’impose jamais.

- Ça fait longtemps que tu habites Bordeaux ? lui demande Carole.

- Un peu plus de dix ans. J’ai quitté Tours car j’avais envie de changer d’air. J’avais fait le tour de la ville et j’ai toujours aimé Bordeaux. Je me sens bien dans cette ville. Et toi, tu viens faire quoi à Bordeaux ?

- Je viens retrouver un ami mais je n’arrive pas à le joindre correctement. Je me demande ce qui se passe. Ses messages ne sont pas clairs.

- Sur l’autoroute ça marche pas forcément toujours, intervient Sophie. Pourtant j’ai un bon portable mais depuis tout à l’heure, je ne capte pas grand-chose. Ce n’est pas grave, je suis bientôt arrivée.

- Tu habites à Lormont ? lui demande Carole.

- Oui, je suis à la fac de Droit et science politique. J’ai l’intention de passer un diplôme d’accès aux professions juridiques et judiciaires mais ce sont des études contraignantes. Il faut beaucoup travailler.

- Tu veux devenir avocat ?

-Je ne sais pas. C’est une profession qui demande beaucoup d’aptitudes. Je me pose des questions même si je sais qu’à Bordeaux je vais avoir des opportunités pour intégrer un cabinet.

- Sophie, on arrive, intervient Franck. Tout compte fait, je suis dans les temps.

Comme prévu, Franck stoppe à Lormont. Sophie récupère son bagage, embrasse gentiment Franck sur les joues puis Carole. Elle disparaît dans la nuit.

Franck reprend sa course dans Bordeaux. La place de la Bourse n’est plus qu’à quelques minutes.

Toujours prudent, Franck ne brusque jamais les choses au volant. Il passe toujours la vitesse adéquate suivant le régime de son moteur, rétrograde régulièrement pour économiser le carburant, et surtout ne pas user prématurément la mécanique de son moteur, n’oublie jamais de stopper au feu orange.

- J’ai un problème, Franck, lui dit Carole.

- Comment ça, lui répond-il.

- Mon ami vient de m’envoyer un sms comme quoi il ne veut pas me voir.

- Comment ça, il est tard, il ne peut pas te faire ce coup-là.

- Pour lui on serait en retard, il est vrai que je pensai être à Bordeaux plus tôt mais, mes copines m’ont retenues plus longtemps que prévu. J’ai retardé mon covoiturage. Maintenant c’est la galère !

- T’es certaine qu’il va te faire ce coup-là ?

- Il vient de m’écrire qu’il me larguait. Je ne suis qu’une bonne pomme, moi qui pensai que c’était un mec bien. Il me largue au téléphone. C’est un lâche. Je ne sais pas comment je vais faire. Il faut que je rentre à Tours.

Dérouté par ce déroulement imprévu , Franck lui répond.

- Tu veux rentrer à Tours à cette heure ? ça va pas être facile. Il est tard.

- Je vais prendre un bus. A cette heure, doit bien y avoir un départ ?

- C’est pas sûre, lui dit Franck en se grattant la tête. Je veux bien t’emmener à la gare routière mais à cette heure, c’est glauque comme endroit.

- Je vais essayer de réserver sur mon portable, on verra ensuite.

Le temps passe et Carole, après maints essais ne parvient pas à se connecter au site. Franck patiente et se demande quelle solution il pourrait mettre en place.

Il prend conscience que la jeune femme est déroutée, que celle-ci encaisse très mal le sale coup qui vient de lui tomber sur la tête.

- J’ai une suggestion, Carole. Plutôt que d’essayer de commander un bus, tu pourrais trouver un covoiturage qui part tard cette nuit. Il ne serait pas étonnant que quelqu’un parte de Bordeaux pour aller à Paris et à cette occasion, il passerait te déposer à Tours. C’est sur le trajet !

- Tu crois, lui répond la jeune femme, très désabusée.

- Il m’arrive parfois de rentrer tard à Bordeaux, il y a toujours des demandes, je ne rentre jamais seul.

- Je ne sais pas ce qui se passe avec mon téléphone, je n’arrive pas à me connecter et mon ami me confirme à nouveau qu’il ne veut plus me voir. Il me dit que j’ai qu’à me démerder, que je suis bonne à rien, que j’avais qu’à être l’heure. C’est la galère, répète Carole, la mine déconfite.

- En attendant de trouver un covoiturage, je te propose que nous allions boire un pot. Non loin de la gare SNCF je connais un bar qui reste ouvert tard. En tout bien tout honneur, évidemment. Nous discuterons devant un verre en attendant d’avoir une réponse.

- Mais je ne parviens pas à me connecter, je suis vraiment désolée.

Toujours prompte à réagir dans ce type de circonstance et jamais à court d’idée pour rendre service, Franck propose à la jeune femme son smartphone afin qu’elle puisse réserver un trajet. Quelques minutes plus tard, Franck et Carole sont installés dans un bar et, tandis qu’ils discutent, ils espèrent une réponse rapide.

- Tu habites où, à Bordeaux, Franck ?

- J’ai un petit appartement tout près du stade de rugby de Bordeaux.

- c’est vrai ? lui demande Carole en lui faisant un grand sourire.

- Tout à fait lui lance Franck. C’est un quartier que j’aime bien, c’est plutôt calme et pas très loin du centre, en tram.

- Incroyable. Je joue au rugby ! Je suis en Fédérale trois. C’est tout de même à dormir debout cette rencontre. Je suis dans une galère pas possible et je rencontre un mec sympa qui se débrouille pour arranger ma galère et en plus il aime le rugby. Personnellement je supporte Toulon.

Franck reste interdit devant cette réponse puis, après avoir bu une lampée de sa bière, sans ambages, il répond.

- Moi j’aime Clermont, d’accord, ils perdent toujours en finale, presque du moins, mais Clermont est vraiment une belle équipe. Je supporte aussi l’équipe de France mais en ce moment c’est pas terrible, quoique le pote chez qui je vais en Touraine, est personnellement confiant pour la coupe du monde à venir. C’est ce qu’il me dit à chaque fois et en plus il ne respecte jamais ses paris !

A cet instant, un bip retentit sur le téléphone de Franck. Un covoiturage est disponible à trois heures trente à proximité de l’aéroport de Bordeaux.

- C’est bon. Tu vas pouvoir retourner à Tours, lui dit gentiment Franck. Tu habites où, au faite ?

- J’ai un petit appartement dans Tours. J’aime bien la ville mais comme je pratique le rugby à haut niveau, je n’ai pas trop de temps pour flâner en ville.

- Tu viens souvent à Bordeaux ? lui demande Franck, la mine tranquille.

- Disons que je venais souvent, répond Carole d’un petit air de doute et de mélancolie. Mon ami, celui qui vient de me larguer sans honnêteté, travaille dans une boite qui a un rattachement à Tours. Nous nous sommes rencontrés au stade, un jour de match, et c’est la raison pour laquelle je viens à Bordeaux. Mais c’est fini ! Il est minuit passé, tu peux me déposer à proximité de l’aéroport ?

Franck aimerait bien réfléchir à toute cette histoire mais le temps lui manque. Il est déjà tard et le bar va fermer. Il relève le col de son blouson ample, termine sa bière et, tout en consultant son smartphone il propose à Carole d’aller immédiatement à l’aéroport.

- Nous allons aller à l’aire de covoiturage et attendre.

- Tu ne vas pas m’accompagner jusqu’à trois heures trente, lui répond Carole. Tu te rends compte que tu travailles demain et puis je suis une grande fille !

- Je connais bien l’aire de covoiturage à côté de l’aéroport, c’est un endroit glauque, peu éclairé, but de promenade de beaucoup de personnes en tout genre qu’il ne vaut mieux pas rencontrer. Certains types se cachent sous les épais rideaux de branches des arbres ou derrière des panneaux. Il n’est pas question que je te laisse seule. C’est mon avis.

- Ecoute, Franck, je m’aperçois que tu es un gars gentil, tu me sors de cette galère mais de là à me tenir la main, faut pas exagérer. Cet endroit ne doit pas être si terrible que ça, il y a beaucoup de passage. Je suis une grande fille, je peux me défendre.

- Je t’assure que je connais trop bien cet endroit et ça ne me dérange pas du tout de rester avec toi. Je ne supporte pas la façon dont ce mufle s’est permis de te dire qu’il ne voulait plus de toi. C’est un faible. Allons à l’aéroport.

Quelques minutes plus tard, après être passé auprès de l’aéroport, Franck fait le tour du rond-point de l’avenue François Mitterrand et, comme prévu, se gare sur l’aire de covoiturage. L’endroit est effectivement sordide, seules quelques voitures, ombres inertes, stationnent.

- Tu vois, je te l’avais dit, ce parking n’est pas très rassurant et puis nous n’avons plus que deux heures à tenir. T’as un match bientôt ?

Adossée au siège avant, Carole est comme absente, comme absorbée par la gentillesse de ce garçon qui prend soin d’elle, de ce garçon qui ne fait pas son gros lourd en compagnie d’une jolie jeune femme, qui n’essaye pas de profiter de la situation. La question de Franck la sort de son absence.

- Non, la saison n’a pas encore démarrée, c’est la rentrée pour l’entraînement, la première rencontre est programmée pour le 15 septembre. Peut-être que d’ici là nous nous reverrons. J’avais promis à mon ami que lors de sa prochaine visite à Tours je déboucherai une bouteille de pommard 2005. Si tu reviens me voir à Tours, nous la boirons ensemble.

- Du pommard 2005 ! Bon sang ! c’est une bonne année, en plus, s’esclaffe Franck. Ne te sens pas obligée. Je te rends service, juste comme ça.

- Non Franck. C’est la première fois qu’on me considère comme tu le fais. Dans ma vie j’ai rencontré des garçons, mais toi, tu es différent, je t’assure, tu es vraiment différent.

Franck ne répond pas. Quels que soient les mots attentionnés de Carole, rien ne forcera Franck à bouleverser son cerveau, cette mécanique extrêmement délicate. Franck est avant tout un humain, un simple humain, une sorte d’esclave volontaire et satisfait d’être un homme qui a pris pour un moment, cette jeune femme sous son aile.

A cet instant, une voiture vient stationner non loin de celle de Franck.

- Ça doit être ton chauffeur, lui dit Franck. Il est à l’heure.

- Merci, merci Franck. Je t’envoie un sms dès que je suis arrivée.

Avant de quitter la voiture, Carole embrasse aimablement Franck sur les deux joues qui, aussitôt lui rend ses deux baisers. Au moment où Carole ouvre la portière de son nouveau chauffeur, celle-ci fait un petit signe d’adieu à Franck.

Entre temps il avait plu et de la boue s’était formée en petites surfaces réfléchissantes sur l’aire de stationnement. La terre était humide et une légère fraicheur s’était installée, mais ce changement de température n’affectait pas le moins du monde Franck.

Installé dans son véhicule, songeur, Franck regarde la voiture s’éloigner dans la nuit.

 

 

Epilogue.

 

Une image contenant arbre, personne, extérieur, ciel

Description générée automatiquement

 

Trois jours plus tard.

« Cher Franck, je te remercie à nouveau pour ta gentillesse et surtout pour les maints efforts que tu as déployés pour me sortir de la galère. Franchement, je ne savais pas comment m’en sortir et grâce à toute l’attention que tu as portée à mon égard, j’ai pu rentrer chez moi. Je n’ai pas assez de mots pour te remercier. Bises. Carole ».

 

Cinq jours plus tard.

« Cher Franck. J’ai retrouvé mon appartement et depuis je me ressaisis. J’ai repris le travail et très prochainement se sera l’entraînement, les retrouvailles avec mes copines du rugby. Je te remercie encore pour ton dévouement, franchement, tu es un gars bien. J’ai la bouteille de pommard et comme promis, dès que tu viens à Tours, tu me préviens. Je me ferai un plaisir de t’inviter pour qu’ensemble nous dégustions cet excellent nectar. Je te remercie pour ton concours bienveillant et ton généreux désintéressement. Bises. Carole ».

 

         Le même jour.

« Bonjour Carole. Je te remercie à mon tour pour tes gentils messages, je suis très touché par ta gentillesse et je suis bien content que tu aies retrouvée chez toi une certaine joie de vivre. Si je t’ai dépanné, c’est que c’est tout simplement dans ma nature. Je n’aime pas qu’une personne se retrouve dans la difficulté, surtout si c’est une jeune femme, jolie et sympa comme toi. Cela me paraissait naturel de te sortir de cette impasse.

A propos de ta proposition de boire du pommard chez toi, je suis partant. Le 24 août je suis à côté de Tours, je suis hébergé chez un pote sympa. C’est avec plaisir que je viendrais chez toi, nous parlerons sans doute rugby . Envoie-moi ton adresse. Bises. Franck ».

 

         Lundi 26 août.

« Bonjour Franck. Je suis heureuse que tu viennes à Tours. C’est ok pour le mercredi 28 août chez moi vers 20 heures. Je ne doute pas que le pommard soit bon. Grosses bises. Carole ».

 

         Mardi 27 août.

En présence d’amis, Muriel et Pascal, autour d’un verre, Franck converse à propos de sa prochaine soirée en compagnie de Carole.

 

Bâtons rompus : *Franck

 

- Cette Carole elle est comment ? Quel âge a-t-elle ?

- *C’est une fille sympa et lorsque nous étions en train de boire un verre à côté de la gare, je ne l’ai pas vraiment embêté avec mes questions, elle était inquiète, préoccupée de savoir où elle allait dormir et contrariée d’avoir été larguée par téléphone. Elle a 25 ans. Elle est mignonne.

- Tu ne lui as pas proposé de dormir chez toi ?

- *T’es con ou quoi ? Elle voulait rentrer à Tours en bus mais y avait pas de bus, heureusement elle a trouvé un covoiturage et je l’ai aidé. En plus chez moi c’est trop petit et j’avais pas envie.

- T’es en compagnie d’une jolie nana et tu ne fais même pas un petit effort pour monter un plan sympa. Tu lui offres un pot en ville, tu lui prêtes ton portable, tu l’accompagnes à l’aire de covoiturage et tu discutes. Point !

 

Une image contenant arbre, extérieur, personne, tenant

Description générée automatiquement

 

- *T’es con ou quoi ? Je ne suis pas un gros lourd qui profite d’une situation, je ne suis pas comme ça. Et puis c’est pas son genre.

- Quand sais-tu ? Toutes les filles sont différentes.

- *Je sais, je sais. Mais moi je respecte les femmes. Aujourd’hui elles sont fatiguées d’être agressées par tous ces gros cons !

- J’ai jamais dit que tu allais l’agresser, ne te mets pas à la place des autres, reste toi-même. Arrêtes d’écouter toutes ces conneries, ça te ramolli le cerveau !

- *De toute façon je vais chez elle pour boire du pommard et discuter.

- Ce qui est surprenant, c’est qu’elle t’invite chez elle pour boire du pommard, c’est tout. Juste pour te remercier Et toi, en bon Franck que tu es, tu ne t’interroges pas.

- *J’ai pas besoin de m’interroger ! J’y vais pour boire du pommard et discuter, j’ai pas autre chose à faire. Et je fais ce que je veux. Elle m’a même raconté comment son ancien mec l’avait de nouveau contacté pour qu’elle le rejoigne à l’hôtel et comment elle lui avait fait comprendre qu’elle n’était pas une quiche !

- Au moins elle sait ce qu’elle veut. Cette gentille Carole qui t’invite chez elle, veut peut être profiter d’une opportunité, elle est sans doute honnête mais ça n’enlève rien à un premier pas.

- *A un premier pas de quoi ? Je ne vais pas voir Carole pour baiser, je ne suis pas un gros lourd.

- Peut être que Carole veut t’offrir un signe de reconnaissance, la bouteille de pommard est le premier pas et le signe peut être une relation sexuelle consentie.

- *N’importe quoi. Je suis certain qu’elle n’est pas comme ça et puis j’y vais pas pour baiser !

- D’accord mais tu ne vas pas arriver chez elle les mains vides. Tu vas lui apporter des fleurs !

- *Des fleurs ? C’est cher ! De toute façon il y en a plein ton jardin, ça va le faire !

- Sois sérieux. Un petit bouquet de saison ça fait toujours plaisir à une jolie femme.

- *Et si elle n’aime pas les fleurs ?

- T’es con franchement. A la place des fleurs, tu viens avec des petites pâtisseries, deux tartelettes, deux autres petits gâteaux.

- Evites le gland, ça fait mauvais genre.

- *Vous êtes cons ! De toute façon je verrai. J’ai encore le temps.

- Tu sais que tu peux faire le premier pas, tu n’es pas obligé d’attendre. Je ne te dis pas qu’il faut que tu lui sautes dessus, je te dis simplement que tu peux envisager un début. Comme une sorte de permission respectueuses de la frontière des sentiments.

- *J’ai pas tout compris.

- Tu choisis ton moment pour faire ta déclaration, à la moitié de la bouteille par exemple, et si tu trouves que le moment n’est pas approprié, dans ce cas, tu dois être prêt à le remettre à un moment plus opportun.

- *De toute façon je ne sais pas faire ça. Je ne suis pas assez sûre de moi pour entreprendre cette démarche.

- Je m’en doutais ! En fait t’as une grande gueule mais t’es complètement inhibé ! t’as peur des filles !

- *c’est ça, c’est ça. Je suis….inhibé…j’ai pas envie d’être un gros lourd.

- Tu comprends rien ou tu le fais exprès ? On ne t’a jamais dit qu’il fallait que tu la baises, on te dit seulement qu’elle a peut-être une intention, et c’est naturel. Tu t’identifies à une personne qui ne prête pas beaucoup d’attention à ses sentiments mais qui a une tendance à être intrigué par les sentiments des autres. Tu ne parles jamais de tes émotions car tu as l’impression de te mettre dans une situation délicate, tu te sens un peu comme un étranger dans un monde où personne ne voit ce que tu vois. T’es compliqué comme garçon.

- *J’ai toujours été comme ça. Je suis un être sensible au flux et reflux de ses sentiments et je ne sais pas vraiment comment ils interagissent.

- Tu ne vas pas y aller avec un teeshirt plein d’auréoles ?

- *Je sais, je sais, je transpire mais j’y peux rien. Faut que j’aille voir mon médecin.

- Des fois y a des filles qui aiment les odeurs fortes et peut être que Carole…

- *T’es vraiment lourd avec tes remarques.

- De toute façon au moment où tu partiras de chez mon frangin tu auras deux teeshirts dans ton sac. Un que tu mettras juste quand tu arriveras chez Carole, l’autre quand tu la quitteras vu que celui que tu auras sur le dos pendant ta visite, sera taché de sperme !

- *C’est ça, c’est ça. J’y vais pas pour baiser, j’y vais pour boire du pommard, c’est dans son mail. Les nanas ne sont pas toutes des salopes !

- Tu fais une sorte de déni. Je crois sincèrement que tu es intelligent mais je crois surtout que tu prends peur facilement et que tu te laisses mener par les gens qui t’intimident. Tu campes sur tes positions, tu te mets à la place des autres. Tu dois rester toi-même.

- Tu vas acheter les gâteaux ?

- *Je sais pas, j’y vais pour le pommard et puis j’ai ma bouteille de joli coing.

- Ne me dis pas que tu vas te ramener chez Carole avec ta bouteille de joli coing alors que tu vas boire du pommard.

- *C’est bon le joli coing et je fais ce que je veux et puis si ça se trouve elle aime ça.

- T’es pas possible comme mec. Tu vas être avec une jolie fille et tu vas rester sans rien faire. Blablabla et blablabla et tu vas te la mettre sur l’oreille !

- *J’vais boire du pommard, connard, et discuter. J’y vais que pour ça.

- Tu parles d’une soirée ! Pommard, joli-coing et parlote. Et …si par hasard…elle tente une approche, rentre dans son jeu, il n’y a aucune raison que tu sois embarrassé.

- *Je vous ai déjà dit, je ne veux pas être un gros lourd.

- Franchement tu dois le faire exprès. Tu ne comprends rien.

- *Mais il n’y a rien à comprendre, c’est comme ça. C’est une fille bien, c’est tout. Elle était en galère et maintenant elle va mieux.

- On va pas passer notre soirée là-dessus. Conclusion, tu manques de puissance de communication, t’es incapable d’apprendre les choses, d’apprécier les autres. En fait, t’es un parleur compulsif et inattentif, t’es à ta façon une sorte de sauveteur poussé à des sacrifices excessifs pour les autres tout en te négligent toi-même.

- *Je sais, je sais, j’suis chiant.

- N’oublie pas que vendredi nous allons à Fontevraud, à moins que ta soirée se prolonge.

- *Je sais qu’on va visiter à Fontevraud, de toute façon, après la soirée, je dors chez ton frangin, comme ça, je suis sûre de rentrer. T’es sûre que c’est à Fontevraud qu’on va ? Que c’est pas à Loches ? Parce que si faut faire dix fois le tour de l’abbaye pour trouver l’entrée, j’y vais pas !

- T’es lourd ! dans dix ans j’y aurai encore droit. Une dernière bière avant de passer à table ?

- *Ouais, mais avec du Picon !

             Deux jours plus tard.

- Alors, cette soirée ? C’était bien ? Le pommard était bon ? Et Carole ?

 

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- *Tout c’est passé comme je l’avais prévu sauf que le pommard n’était pas terrible. Carole m’a expliqué qu’elle avait un ami qui avait des supers plans pour du bon vin, mais franchement ce pomard était moyen.

- C’est tout ?

- *C’est tout ! On a discuté, surtout elle, j’ai pas pu en placer une. Elle m’a raconté sa vie, une vie plutôt agitée, aujourd’hui elle pense au boulot, au rugby, c’est tout.

- J’espère que t’avais apporté des gâteaux en plus du joli coing !

- *Ouais, ton frangin m’a emmené chez un bon pâtissier et j’ai acheté des mignardises, c’est elle qui a pratiquement tout mangé.

- Tu parles d’une soirée ! un pommard moyen, des mignardises, du joli coing, du blablabla et tu te la mets sur l’oreille. Vous allez vous revoir ?

- *Blablabla, sans doute pour la coupe du monde de rugby qui commence dans deux semaines, mais faut que je regarde les dates des matches car avec la poule de l’équipe de France, ça risque d’être rapide. Et même si j’aime le rugby, de toute façon j’ vais pas faire du Bordeaux-Tours juste pour ses beaux yeux. Elle est sympa comme fille mais elle cause beaucoup ! J’étais un peu fatigué et bien content de rentrer chez ton frangin.

- Conclusion, t’as fait que de causer et t’es rentré comme un gentil garçon. J’y crois pas. Mumu avait raison quand elle affirmait qu’il était important que tu écoutes attentivement et intuitivement cette jeune femme afin que tu comprennes ses intentions, en fait tu n’es pas capable d’affronter une situation particulière. Blablabla !

- *Je sais, je sais…blablabla…

Fin

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9 septembre 2019 1 09 /09 /septembre /2019 19:50

Une petite nouvelle humoristique en ce mois de septembre 2019 pour vous remettre en forme.

Picus

Blablabla...

 

 

Un dimanche d’août à la gare SNCF de Tours. Il est 17 heures 58, au stationnement de covoiturage. Franck est installé au volant de sa voiture, il attend les trois passagers qu’il doit déposer sur son trajet de retour en direction de Bordeaux. Damien descendra à l’aire de Saint Léger, Sophie quittera le véhicule du côté du quartier de Lormont à Bordeaux, cependant que Carole s’échappera Place de la Bourse, toujours à Bordeaux. Étant donné que Franck habite non loin du Parc de Lescure, faire un petit détour dans la capitale de l’Aquitaine, ne le contrarie pas. Spécialiste du covoiturage, Franck est à l’écoute et à la disposition de ses passagers. Et si il advient qu’un passager rencontre un problème au dernier moment, Franck n’hésite pas à patienter quelques minutes à l’aire de covoiturage, car Franck part du principe qu’il faut toujours compter avec les aléas, aider les gens.

Ce dimanche, les trois passagers sont à l’heure. Carole occupera la place passager à l’avant, tandis que Sophie et Damien s’installeront à l’arrière du véhicule. Cette disposition pertinente, souhaitée par Franck, permet en principe aux voyageurs de faire plus ample connaissance, même si parfois, durant quelque voyage, les passagers somnolent, consultent leur smartphone ou regardent tout simplement le paysage pour passer le temps. Au moment de partir, Franck se présente en quelques mots à ses passagers, charge les bagages dans le coffre, leur propose une petite bouteille d’eau, les rassure. 18 heures 10. Franck vérifie ses rétroviseurs, jette un petit coup d’œil dans l’habitacle pour s’assurer que tout le monde est bien en place, ouvre le toit ouvrant de sa voiture afin que tout le monde profite de l’air et non de la climatisation, puis il démarre. Et après quelques tours de roues, Franck entame la conversation :

- Je pense que ça devrait bien rouler. Ce week-end il n’y avait pas trop de monde sur la route lorsque je suis venu de Bordeaux. Si vous avez besoin de quelques chose, n’hésitez-pas à me le demander. J’ai encore des petites bouteilles d’eau à disposition. Je ne mets pas la radio car cela embête parfois les passagers.

- Merci Franck, répond Carole. Nous arriverons vers quelle heure à Bordeaux ?

- Généralement, si l’entrée de Bordeaux ne bouche pas, répond Franck, quatre heures trente feront l’affaire. Avec l’arrêt à Saint-Léger plus celui de Lormont, il faudra compter dix minutes supplémentaires. Je connais bien la route, j’effectue régulièrement ce trajet, y a pas de problème.

- Vous venez souvent à Tours ? demande Damien.

- Ça dépend de mes disponibilités. Quand je viens à Tours c’est pour rendre visite à un ami qui habite à quelques kilomètres de Tours. C’est un ancien patron de bar avec qui j’ai nouée une belle amitié et à cette occasion je rends également visite à son frère qui est très sympa, sans oublier d’autres amis très gentils, j’en profite également pour voir d’autres personnes que j’ai connues lorsque j’habitais Tours. Et vous, pourquoi Tours ?

- Je suis venu voir une tante qui habite le vieux Tours, répond Damien. Quand j’ai fait mes études à la fac des Tanneurs, j’habitais chez elle. Comme elle est seule, je lui rends visite deux, trois fois par an et à cette occasion je revois des potes de la fac. Je ne pense pas revenir avant l’an prochain.

Pour sa part, Sophie ne dit rien. Franck remarque que la jeune femme consulte son smartphone, manifestement la discussion ne l’intéresse pas tandis que Carole, la tête tournée vers le paysage, semble absente. Comme à chaque voyage, Franck opte pour la conduite raisonnée, prudent dans l’âme, très respectueux de la limitation de vitesse, il ne dépasse jamais les 128 kilomètre heure car on ne sait jamais, les radars peuvent être mal réglés ! Le trajet vers Bordeaux se déroule normalement. Damien enfonce des clous, Sophie interroge toujours son smartphone cependant que Carole semble préoccupée.

Saint Léger. Damien récupère son bagage, remercie Franck et salue les deux jeunes femmes. La voiture repart. Sophie a rangé son smartphone et se décide à entreprendre la discussion.

- Il n’était pas très causant ce garçon, dit-elle en faisant un rire ironique et condescendant.

- Ça arrive, répond Franck. Parfois les gens discutent tout au long du trajet, parfois ils préfèrent se reposer en attendant d’arriver. Personnellement je préfère quand les gens discutent mais je ne m’impose jamais.

- Ça fait longtemps que tu habites Bordeaux ? lui demande Carole.

- Un peu plus de dix ans. J’ai quitté Tours car j’avais envie de changer d’air. J’avais fait le tour de la ville et j’ai toujours aimé Bordeaux. Je me sens bien dans cette ville. Et toi, tu viens faire quoi à Bordeaux ?

- Je viens retrouver un ami mais je n’arrive pas à le joindre correctement. Je me demande ce qui se passe. Ses messages ne sont pas clairs.

- Sur l’autoroute ça marche pas forcément toujours, intervient Sophie. Pourtant j’ai un bon portable mais depuis tout à l’heure, je ne capte pas grand-chose. Ce n’est pas grave, je suis bientôt arrivée.

- Tu habites à Lormont ? lui demande Carole.

- Oui, je suis à la fac de Droit et science politique. J’ai l’intention de passer un diplôme d’accès aux professions juridiques et judiciaires mais ce sont des études contraignantes. Il faut beaucoup travailler.

- Tu veux devenir avocat ?

-Je ne sais pas. C’est une profession qui demande beaucoup d’aptitudes. Je me pose des questions même si je sais qu’à Bordeaux je vais avoir des opportunités pour intégrer un cabinet.

- Sophie, on arrive, intervient Franck. Tout compte fait, je suis dans les temps.

Comme prévu, Franck stoppe à Lormont. Sophie récupère son bagage, embrasse gentiment Franck sur les joues puis Carole. Elle disparaît dans la nuit.

Franck reprend sa course dans Bordeaux. La place de la Bourse n’est plus qu’à quelques minutes.

Toujours prudent, Franck ne brusque jamais les choses au volant. Il passe toujours la vitesse adéquate suivant le régime de son moteur, rétrograde régulièrement pour économiser le carburant, et surtout ne pas user prématurément la mécanique de son moteur, n’oublie jamais de stopper au feu orange.

- J’ai un problème, Franck, lui dit Carole.

- Comment ça, lui répond-il.

- Mon ami vient de m’envoyer un sms comme quoi il ne veut pas me voir.

- Comment ça, il est tard, il ne peut pas te faire ce coup-là.

- Pour lui on serait en retard, il est vrai que je pensai être à Bordeaux plus tôt mais, mes copines m’ont retenues plus longtemps que prévu. J’ai retardé mon covoiturage. Maintenant c’est la galère !

- T’es certaine qu’il va te faire ce coup-là ?

- Il vient de m’écrire qu’il me larguait. Je ne suis qu’une bonne pomme, moi qui pensai que c’était un mec bien. Il me largue au téléphone. C’est un lâche. Je ne sais pas comment je vais faire. Il faut que je rentre à Tours.

Dérouté par ce déroulement imprévu , Franck lui répond.

- Tu veux rentrer à Tours à cette heure ? ça va pas être facile. Il est tard.

- Je vais prendre un bus. A cette heure, doit bien y avoir un départ ?

- C’est pas sûre, lui dit Franck en se grattant la tête. Je veux bien t’emmener à la gare routière mais à cette heure, c’est glauque comme endroit.

- Je vais essayer de réserver sur mon portable, on verra ensuite.

Le temps passe et Carole, après maints essais ne parvient pas à se connecter au site. Franck patiente et se demande quelle solution il pourrait mettre en place.

Il prend conscience que la jeune femme est déroutée, que celle-ci encaisse très mal le sale coup qui vient de lui tomber sur la tête.

- J’ai une suggestion, Carole. Plutôt que d’essayer de commander un bus, tu pourrais trouver un covoiturage qui part tard cette nuit. Il ne serait pas étonnant que quelqu’un parte de Bordeaux pour aller à Paris et à cette occasion, il passerait te déposer à Tours. C’est sur le trajet !

- Tu crois, lui répond la jeune femme, très désabusée.

- Il m’arrive parfois de rentrer tard à Bordeaux, il y a toujours des demandes, je ne rentre jamais seul.

- Je ne sais pas ce qui se passe avec mon téléphone, je n’arrive pas à me connecter et mon ami me confirme à nouveau qu’il ne veut plus me voir. Il me dit que j’ai qu’à me démerder, que je suis bonne à rien, que j’avais qu’à être l’heure. C’est la galère, répète Carole, la mine déconfite.

- En attendant de trouver un covoiturage, je te propose que nous allions boire un pot. Non loin de la gare SNCF je connais un bar qui reste ouvert tard. En tout bien tout honneur, évidemment. Nous discuterons devant un verre en attendant d’avoir une réponse.

- Mais je ne parviens pas à me connecter, je suis vraiment désolée.

Toujours prompte à réagir dans ce type de circonstance et jamais à court d’idée pour rendre service, Franck propose à la jeune femme son smartphone afin qu’elle puisse réserver un trajet. Quelques minutes plus tard, Franck et Carole sont installés dans un bar et, tandis qu’ils discutent, ils espèrent une réponse rapide.

- Tu habites où, à Bordeaux, Franck ?

- J’ai un petit appartement tout près du stade de rugby de Bordeaux.

- c’est vrai ? lui demande Carole en lui faisant un grand sourire.

- Tout à fait lui lance Franck. C’est un quartier que j’aime bien, c’est plutôt calme et pas très loin du centre, en tram.

- Incroyable. Je joue au rugby ! Je suis en Fédérale trois. C’est tout de même à dormir debout cette rencontre. Je suis dans une galère pas possible et je rencontre un mec sympa qui se débrouille pour arranger ma galère et en plus il aime le rugby. Personnellement je supporte Toulon.

Franck reste interdit devant cette réponse puis, après avoir bu une lampée de sa bière, sans ambages, il répond.

- Moi j’aime Clermont, d’accord, ils perdent toujours en finale, presque du moins, mais Clermont est vraiment une belle équipe. Je supporte aussi l’équipe de France mais en ce moment c’est pas terrible, quoique le pote chez qui je vais en Touraine, est personnellement confiant pour la coupe du monde à venir. C’est ce qu’il me dit à chaque fois et en plus il ne respecte jamais ses paris !

A cet instant, un bip retentit sur le téléphone de Franck. Un covoiturage est disponible à trois heures trente à proximité de l’aéroport de Bordeaux.

- C’est bon. Tu vas pouvoir retourner à Tours, lui dit gentiment Franck. Tu habites où, au faite ?

- J’ai un petit appartement dans Tours. J’aime bien la ville mais comme je pratique le rugby à haut niveau, je n’ai pas trop de temps pour flâner en ville.

- Tu viens souvent à Bordeaux ? lui demande Franck, la mine tranquille.

- Disons que je venais souvent, répond Carole d’un petit air de doute et de mélancolie. Mon ami, celui qui vient de me larguer sans honnêteté, travaille dans une boite qui a un rattachement à Tours. Nous nous sommes rencontrés au stade, un jour de match, et c’est la raison pour laquelle je viens à Bordeaux. Mais c’est fini ! Il est minuit passé, tu peux me déposer à proximité de l’aéroport ?

Franck aimerait bien réfléchir à toute cette histoire mais le temps lui manque. Il est déjà tard et le bar va fermer. Il relève le col de son blouson ample, termine sa bière et, tout en consultant son smartphone il propose à Carole d’aller immédiatement à l’aéroport.

- Nous allons aller à l’aire de covoiturage et attendre.

- Tu ne vas pas m’accompagner jusqu’à trois heures trente, lui répond Carole. Tu te rends compte que tu travailles demain et puis je suis une grande fille !

- Je connais bien l’aire de covoiturage à côté de l’aéroport, c’est un endroit glauque, peu éclairé, but de promenade de beaucoup de personnes en tout genre qu’il ne vaut mieux pas rencontrer. Certains types se cachent sous les épais rideaux de branches des arbres ou derrière des panneaux. Il n’est pas question que je te laisse seule. C’est mon avis.

- Ecoute, Franck, je m’aperçois que tu es un gars gentil, tu me sors de cette galère mais de là à me tenir la main, faut pas exagérer. Cet endroit ne doit pas être si terrible que ça, il y a beaucoup de passage. Je suis une grande fille, je peux me défendre.

- Je t’assure que je connais trop bien cet endroit et ça ne me dérange pas du tout de rester avec toi. Je ne supporte pas la façon dont ce mufle s’est permis de te dire qu’il ne voulait plus de toi. C’est un faible. Allons à l’aéroport.

Quelques minutes plus tard, après être passé auprès de l’aéroport, Franck fait le tour du rond-point de l’avenue François Mitterrand et, comme prévu, se gare sur l’aire de covoiturage. L’endroit est effectivement sordide, seules quelques voitures, ombres inertes, stationnent.

- Tu vois, je te l’avais dit, ce parking n’est pas très rassurant et puis nous n’avons plus que deux heures à tenir. T’as un match bientôt ?

Adossée au siège avant, Carole est comme absente, comme absorbée par la gentillesse de ce garçon qui prend soin d’elle, de ce garçon qui ne fait pas son gros lourd en compagnie d’une jolie jeune femme, qui n’essaye pas de profiter de la situation. La question de Franck la sort de son absence.

- Non, la saison n’a pas encore démarrée, c’est la rentrée pour l’entraînement, la première rencontre est programmée pour le 15 septembre. Peut-être que d’ici là nous nous reverrons. J’avais promis à mon ami que lors de sa prochaine visite à Tours je déboucherai une bouteille de pommard 2005. Si tu reviens me voir à Tours, nous la boirons ensemble.

- Du pommard 2005 ! Bon sang ! c’est une bonne année, en plus, s’esclaffe Franck. Ne te sens pas obligée. Je te rends service, juste comme ça.

- Non Franck. C’est la première fois qu’on me considère comme tu le fais. Dans ma vie j’ai rencontré des garçons, mais toi, tu es différent, je t’assure, tu es vraiment différent.

Franck ne répond pas. Quels que soient les mots attentionnés de Carole, rien ne forcera Franck à bouleverser son cerveau, cette mécanique extrêmement délicate. Franck est avant tout un humain, un simple humain, une sorte d’esclave volontaire et satisfait d’être un homme qui a pris pour un moment, cette jeune femme sous son aile.

A cet instant, une voiture vient stationner non loin de celle de Franck.

- Ça doit être ton chauffeur, lui dit Franck. Il est à l’heure.

- Merci, merci Franck. Je t’envoie un sms dès que je suis arrivée.

Avant de quitter la voiture, Carole embrasse aimablement Franck sur les deux joues qui, aussitôt lui rend ses deux baisers. Au moment où Carole ouvre la portière de son nouveau chauffeur, celle-ci fait un petit signe d’adieu à Franck.

Entre temps il avait plu et de la boue s’était formée en petites surfaces réfléchissantes sur l’aire de stationnement. La terre était humide et une légère fraicheur s’était installée, mais ce changement de température n’affectait pas le moins du monde Franck.

Installé dans son véhicule, songeur, Franck regarde la voiture s’éloigner dans la nuit.

 

 

Epilogue.

 

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Trois jours plus tard.

« Cher Franck, je te remercie à nouveau pour ta gentillesse et surtout pour les maints efforts que tu as déployés pour me sortir de la galère. Franchement, je ne savais pas comment m’en sortir et grâce à toute l’attention que tu as portée à mon égard, j’ai pu rentrer chez moi. Je n’ai pas assez de mots pour te remercier. Bises. Carole ».

 

Cinq jours plus tard.

« Cher Franck. J’ai retrouvé mon appartement et depuis je me ressaisis. J’ai repris le travail et très prochainement se sera l’entraînement, les retrouvailles avec mes copines du rugby. Je te remercie encore pour ton dévouement, franchement, tu es un gars bien. J’ai la bouteille de pommard et comme promis, dès que tu viens à Tours, tu me préviens. Je me ferai un plaisir de t’inviter pour qu’ensemble nous dégustions cet excellent nectar. Je te remercie pour ton concours bienveillant et ton généreux désintéressement. Bises. Carole ».

 

         Le même jour.

« Bonjour Carole. Je te remercie à mon tour pour tes gentils messages, je suis très touché par ta gentillesse et je suis bien content que tu aies retrouvée chez toi une certaine joie de vivre. Si je t’ai dépanné, c’est que c’est tout simplement dans ma nature. Je n’aime pas qu’une personne se retrouve dans la difficulté, surtout si c’est une jeune femme, jolie et sympa comme toi. Cela me paraissait naturel de te sortir de cette impasse.

A propos de ta proposition de boire du pommard chez toi, je suis partant. Le 24 août je suis à côté de Tours, je suis hébergé chez un pote sympa. C’est avec plaisir que je viendrais chez toi, nous parlerons sans doute rugby . Envoie-moi ton adresse. Bises. Franck ».

 

         Lundi 26 août.

« Bonjour Franck. Je suis heureuse que tu viennes à Tours. C’est ok pour le mercredi 28 août chez moi vers 20 heures. Je ne doute pas que le pommard soit bon. Grosses bises. Carole ».

 

         Mardi 27 août.

En présence d’amis, Muriel et Pascal, autour d’un verre, Franck converse à propos de sa prochaine soirée en compagnie de Carole.

 

Bâtons rompus : *Franck

 

- Cette Carole elle est comment ? Quel âge a-t-elle ?

- *C’est une fille sympa et lorsque nous étions en train de boire un verre à côté de la gare, je ne l’ai pas vraiment embêté avec mes questions, elle était inquiète, préoccupée de savoir où elle allait dormir et contrariée d’avoir été larguée par téléphone. Elle a 25 ans. Elle est mignonne.

- Tu ne lui as pas proposé de dormir chez toi ?

- *T’es con ou quoi ? Elle voulait rentrer à Tours en bus mais y avait pas de bus, heureusement elle a trouvé un covoiturage et je l’ai aidé. En plus chez moi c’est trop petit et j’avais pas envie.

- T’es en compagnie d’une jolie nana et tu ne fais même pas un petit effort pour monter un plan sympa. Tu lui offres un pot en ville, tu lui prêtes ton portable, tu l’accompagnes à l’aire de covoiturage et tu discutes. Point !

 

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- *T’es con ou quoi ? Je ne suis pas un gros lourd qui profite d’une situation, je ne suis pas comme ça. Et puis c’est pas son genre.

- Quand sais-tu ? Toutes les filles sont différentes.

- *Je sais, je sais. Mais moi je respecte les femmes. Aujourd’hui elles sont fatiguées d’être agressées par tous ces gros cons !

- J’ai jamais dit que tu allais l’agresser, ne te mets pas à la place des autres, reste toi-même. Arrêtes d’écouter toutes ces conneries, ça te ramolli le cerveau !

- *De toute façon je vais chez elle pour boire du pommard et discuter.

- Ce qui est surprenant, c’est qu’elle t’invite chez elle pour boire du pommard, c’est tout. Juste pour te remercier Et toi, en bon Franck que tu es, tu ne t’interroges pas.

- *J’ai pas besoin de m’interroger ! J’y vais pour boire du pommard et discuter, j’ai pas autre chose à faire. Et je fais ce que je veux. Elle m’a même raconté comment son ancien mec l’avait de nouveau contacté pour qu’elle le rejoigne à l’hôtel et comment elle lui avait fait comprendre qu’elle n’était pas une quiche !

- Au moins elle sait ce qu’elle veut. Cette gentille Carole qui t’invite chez elle, veut peut être profiter d’une opportunité, elle est sans doute honnête mais ça n’enlève rien à un premier pas.

- *A un premier pas de quoi ? Je ne vais pas voir Carole pour baiser, je ne suis pas un gros lourd.

- Peut être que Carole veut t’offrir un signe de reconnaissance, la bouteille de pommard est le premier pas et le signe peut être une relation sexuelle consentie.

- *N’importe quoi. Je suis certain qu’elle n’est pas comme ça et puis j’y vais pas pour baiser !

- D’accord mais tu ne vas pas arriver chez elle les mains vides. Tu vas lui apporter des fleurs !

- *Des fleurs ? C’est cher ! De toute façon il y en a plein ton jardin, ça va le faire !

- Sois sérieux. Un petit bouquet de saison ça fait toujours plaisir à une jolie femme.

- *Et si elle n’aime pas les fleurs ?

- T’es con franchement. A la place des fleurs, tu viens avec des petites pâtisseries, deux tartelettes, deux autres petits gâteaux.

- Evites le gland, ça fait mauvais genre.

- *Vous êtes cons ! De toute façon je verrai. J’ai encore le temps.

- Tu sais que tu peux faire le premier pas, tu n’es pas obligé d’attendre. Je ne te dis pas qu’il faut que tu lui sautes dessus, je te dis simplement que tu peux envisager un début. Comme une sorte de permission respectueuses de la frontière des sentiments.

- *J’ai pas tout compris.

- Tu choisis ton moment pour faire ta déclaration, à la moitié de la bouteille par exemple, et si tu trouves que le moment n’est pas approprié, dans ce cas, tu dois être prêt à le remettre à un moment plus opportun.

- *De toute façon je ne sais pas faire ça. Je ne suis pas assez sûre de moi pour entreprendre cette démarche.

- Je m’en doutais ! En fait t’as une grande gueule mais t’es complètement inhibé ! t’as peur des filles !

- *c’est ça, c’est ça. Je suis….inhibé…j’ai pas envie d’être un gros lourd.

- Tu comprends rien ou tu le fais exprès ? On ne t’a jamais dit qu’il fallait que tu la baises, on te dit seulement qu’elle a peut-être une intention, et c’est naturel. Tu t’identifies à une personne qui ne prête pas beaucoup d’attention à ses sentiments mais qui a une tendance à être intrigué par les sentiments des autres. Tu ne parles jamais de tes émotions car tu as l’impression de te mettre dans une situation délicate, tu te sens un peu comme un étranger dans un monde où personne ne voit ce que tu vois. T’es compliqué comme garçon.

- *J’ai toujours été comme ça. Je suis un être sensible au flux et reflux de ses sentiments et je ne sais pas vraiment comment ils interagissent.

- Tu ne vas pas y aller avec un teeshirt plein d’auréoles ?

- *Je sais, je sais, je transpire mais j’y peux rien. Faut que j’aille voir mon médecin.

- Des fois y a des filles qui aiment les odeurs fortes et peut être que Carole…

- *T’es vraiment lourd avec tes remarques.

- De toute façon au moment où tu partiras de chez mon frangin tu auras deux teeshirts dans ton sac. Un que tu mettras juste quand tu arriveras chez Carole, l’autre quand tu la quitteras vu que celui que tu auras sur le dos pendant ta visite, sera taché de sperme !

- *C’est ça, c’est ça. J’y vais pas pour baiser, j’y vais pour boire du pommard, c’est dans son mail. Les nanas ne sont pas toutes des salopes !

- Tu fais une sorte de déni. Je crois sincèrement que tu es intelligent mais je crois surtout que tu prends peur facilement et que tu te laisses mener par les gens qui t’intimident. Tu campes sur tes positions, tu te mets à la place des autres. Tu dois rester toi-même.

- Tu vas acheter les gâteaux ?

- *Je sais pas, j’y vais pour le pommard et puis j’ai ma bouteille de joli coing.

- Ne me dis pas que tu vas te ramener chez Carole avec ta bouteille de joli coing alors que tu vas boire du pommard.

- *C’est bon le joli coing et je fais ce que je veux et puis si ça se trouve elle aime ça.

- T’es pas possible comme mec. Tu vas être avec une jolie fille et tu vas rester sans rien faire. Blablabla et blablabla et tu vas te la mettre sur l’oreille !

- *J’vais boire du pommard, connard, et discuter. J’y vais que pour ça.

- Tu parles d’une soirée ! Pommard, joli-coing et parlote. Et …si par hasard…elle tente une approche, rentre dans son jeu, il n’y a aucune raison que tu sois embarrassé.

- *Je vous ai déjà dit, je ne veux pas être un gros lourd.

- Franchement tu dois le faire exprès. Tu ne comprends rien.

- *Mais il n’y a rien à comprendre, c’est comme ça. C’est une fille bien, c’est tout. Elle était en galère et maintenant elle va mieux.

- On va pas passer notre soirée là-dessus. Conclusion, tu manques de puissance de communication, t’es incapable d’apprendre les choses, d’apprécier les autres. En fait, t’es un parleur compulsif et inattentif, t’es à ta façon une sorte de sauveteur poussé à des sacrifices excessifs pour les autres tout en te négligent toi-même.

- *Je sais, je sais, j’suis chiant.

- N’oublie pas que vendredi nous allons à Fontevraud, à moins que ta soirée se prolonge.

- *Je sais qu’on va visiter à Fontevraud, de toute façon, après la soirée, je dors chez ton frangin, comme ça, je suis sûre de rentrer. T’es sûre que c’est à Fontevraud qu’on va ? Que c’est pas à Loches ? Parce que si faut faire dix fois le tour de l’abbaye pour trouver l’entrée, j’y vais pas !

- T’es lourd ! dans dix ans j’y aurai encore droit. Une dernière bière avant de passer à table ?

- *Ouais, mais avec du Picon !

             Deux jours plus tard.

- Alors, cette soirée ? C’était bien ? Le pommard était bon ? Et Carole ?

 

Une image contenant arbre, personne, extérieur, table

Description générée automatiquement

 

- *Tout c’est passé comme je l’avais prévu sauf que le pommard n’était pas terrible. Carole m’a expliqué qu’elle avait un ami qui avait des supers plans pour du bon vin, mais franchement ce pomard était moyen.

- C’est tout ?

- *C’est tout ! On a discuté, surtout elle, j’ai pas pu en placer une. Elle m’a raconté sa vie, une vie plutôt agitée, aujourd’hui elle pense au boulot, au rugby, c’est tout.

- J’espère que t’avais apporté des gâteaux en plus du joli coing !

- *Ouais, ton frangin m’a emmené chez un bon pâtissier et j’ai acheté des mignardises, c’est elle qui a pratiquement tout mangé.

- Tu parles d’une soirée ! un pommard moyen, des mignardises, du joli coing, du blablabla et tu te la mets sur l’oreille. Vous allez vous revoir ?

- *Blablabla, sans doute pour la coupe du monde de rugby qui commence dans deux semaines, mais faut que je regarde les dates des matches car avec la poule de l’équipe de France, ça risque d’être rapide. Et même si j’aime le rugby, de toute façon j’ vais pas faire du Bordeaux-Tours juste pour ses beaux yeux. Elle est sympa comme fille mais elle cause beaucoup ! J’étais un peu fatigué et bien content de rentrer chez ton frangin.

- Conclusion, t’as fait que de causer et t’es rentré comme un gentil garçon. J’y crois pas. Mumu avait raison quand elle affirmait qu’il était important que tu écoutes attentivement et intuitivement cette jeune femme afin que tu comprennes ses intentions, en fait tu n’es pas capable d’affronter une situation particulière. Blablabla !

- *Je sais, je sais…blablabla…

Fin

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1 décembre 2018 6 01 /12 /décembre /2018 16:51

Dernière publication personnelle.

14€ frais de port non compris.

Quelques portraits du bouquin...

Tous ces clichés sont la propriété de Picus Baljan

Apostrophe'Café Live 1décembre 2018©

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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 19:30

Salut les Aminches.

Il y a un an notre ami Christian partait pour le pays des ombres. Fin novembre je suis allé à Dijon voir et écouter Marcel et Frédo en souvenir de notre ami. Quelques clichés de notre ami, pour vous les Aminches. A bientôt.

Picus

Tous ces clichés sont la propriété de Picus Baljan

Apostrophe'Café Live 30 novembre 2018

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