Salut les aminches.
Les clichés au sein cet article sont régulièrement mis à jour ...
Il y a quelques jours j'ai reçu les nouveaux clichés de Rujed [Le R] à l'intention de la petite biographie de l'Apostrophe'Café que j'avais prévu mettre
prochaînement en ligne. Pour fêter l'anniversaire de la fermeture du troquet [quatre ans déjà] découvrez ce texte qui présente en quelques lignes le portrait des personnages importants qui
fréquentèrent l'Apostrophe'Café durant les neuf années de son existance. Les clichés qui illustrent cette biographie ont été réalisées par Rujed [le R] grâce au fonds de Picus et Aubrian.
Picus...
Le 27 juillet 1998, à Tours, rue des Fusillés, sous un beau soleil, l’Apostrophe’Café ouvrait ses portes. Installé derrière son zinc, Picus [le patron] attendait son
premier client tandis que Rujed [Le R] le frère du taulier, installé à une table, patientait. Soudain, un grand type, le bras gauche dans le plâtre entrait dans le troquet, filait au comptoir et,
dans un geste impétueux frappait le zinc de son plâtre. Il commandait bruyamment.
- Patron, un double Baileys !
Déconcerté, Picus constatait que son premier client était un poivrot. Pour un début, c'était un début. Caché dans son coin, Rujed [Le R] ne bronchait pas. Ce
personnage insolite se prénommait Cyril. Il fréquenterait malgré Picus, plusieurs mois l’établissement. Quelques minutes plus tard alors que le fier gaillard avait filé, un jeune homme, bon chic,
bon genre passait devant l’Apo. C’était Manu, un potache qui travaillait dans une librairie située mon loin du bar et qui allait en compagnie de ses copines et copains fréquenter durablement
l’endroit. Le troisième personnage qui franchissait le seuil de l’Apo et s’enraciner Ad vitam aeternam il se prénomait Sébastien. Ce jour là le jeune homme était attifé de noir de pied en cape et
portait un ridicule petit chapeau melon.
- Bonjour, c’est nouveau comme troquet !
- Bonjour, mais Picus n'avait pas le temps d’en placer une !
- Je m’appelle Sébastien, je suis étudiant à la fac. Ca à l’air sympa comme rade, est-ce que je pourrai venir avec mes potes
boire un pot ici ?
Picus lui répondit que cela était possible. Aussitôt il disparaissait. Durant cette journée ces trois personnages furent sans aucun doute le ciment essentiel de la
vie du troquet. Le fameux Sébastien passait plusieurs années à la fac et eut comme surnom Gothik. Par la suite le zinc de l’Apostrophe'Café vit défiler un grand nombre de zigotos. En
quelques lignes découvrez plusieurs portraits ineffaçables du troquet.
Quelques tronches...
Sébastien [Boug] le routier. Un mec qui n’était jamais content de son travail, à qui il arrivait les pires histoires sur la route, voir ailleurs. Ce routier
rencontrait toujours plein de monde, voir quelque fois des filles, aujourd’hui il serait encore célibataire. Tout le temps qu’il a fréquenté l’Apostrophe'Café il recherchait un appartement pour
se sentir chez soit mais il avait régulièrement autre chose à faire. Aujourd'hui il vivrait parfois chez ses parents, dans la rue ou chez une copine en attendant que tout s’arrange. Durant toutes
ces années Boug a hanté à sa façon l’Apostrophe'Café. Sachez qu’avec le nombre d’aventures qu’il m’a conté à Picus,
celui-ci aurait pu rédiger à temps perdu un roman. David [Royco] était un pote de collège de Boug, également routier. Au zinc il s’enfilait indifféremment de la menthe à l’eau, du diabolo menthe
ou du coca tout en écoutant exclusivement de la musique bretonne. Il fut surnommé DJ Mouette. Paraîtrait qu’en ce moment il serait tombé amoureux ! Sébastien [Swchartzi ou Le
Reskator-toujours en concert nulle part] musicien dilettante-bruyant-breton. Aiguilleur de train la journée & colle au zinc la soirée. Le Reskator [toujours en concert nulle
part] était sans aucun doute l’aiguilleur du coin le moins fatigué car il passait la plupart de son temps à prendre des forces en buvant et écoutant de la musique avec ses potes.
Cet individu emprunt de gentillesse mais qui parfois avait un goût particulier pour le ridicule vestimentaire a animé à l’Apostrophe'Café plusieurs soirées de son talent musical. En Institor ou en Reskator [toujours en concert nulle part] il a diffusé à l’unisson ses accords et ses sentiments aux amis du troquet.
Durant une discussion il était rarement d’accord et aimait dire : Je t’emmerde !
Boug-le-routier...
Le Reskator [toujours en concert nulle part]...
Sophie [sa copine] avait un caractère bien trempé. Elle n’était jamais en retard pour boire un coup avec son homme. Mère très
attentionnée, en compagnie de ses deux ravissants lardons, elle manquait rarement l’occasion d’être avec son [cœur] à l’Apostrophe'Café La [ravissante] Céline qui roulait parfois en cabriolé mais qui savait également se contenter de peu. Céline a fréquenté l’Apostrophe'Café du début à la fin. Au regard de certaines personnes de l’endroit, Céline était sans doute la maîtresse du taulier. Il n’en
n’était rien. Ce n’était que de l’amour platonique car Céline adorait surtout ses chats. Si vous allez dans son petit appartement vous pourrez y croiser les greffiers Roulio et Bazile.
Céline...songe...
Un jour au troquet vous auriez pu parler avec le Bonze, le frangin de Boug. A ce jour il traînerait sa crête du côté de Nantes. Vince, dit [Le Pingouin] était un
super beau mâle qui un jour tombait amoureux d’une jolie jisquette. Quand Vince était saoul comme un cochon, il se mettait à causer belge et à refaire une certaine demi finale de la coupe du
monde de rugby entre les Bleus et les Blacks. Un jour il a fini par lâcher les hautes études pour devenir plombier. A cette occasion il nous affirmait qu'il tripoterait souvent son petit robinet.
Attention, ce grand garçon aimait également se déguiser et parfois il n’hésitait pas à être nu en fin de soirée ! Un conseil, si vous désirez inviter cet olibrius à votre table, prévoyez
double part de bouffe et triple dose de liquide. Sophie [la cagouille] s’occuperait toujours à ce jour du robinet du plombier…Franckie, le mec qui était connu sous les sobriquets
[Franckie-la-Douleur, Franckie-la-Douceur, Franckie-les-grosses moustaches, Franckie-Love-moustaches] suivant l’heure de la journée. Devant le zinc tout le monde faisait attention car le
chevelu-moustachu avait les mains vachement baladeuses. Il ne buvait que de la bière accompagnée de Picon ou du Ricard comme un trousse-pet qui téterait du petit lait au sein de sa mère. Franckie
qui était poilu comme un singe en rut était le genre de gus qui à tout moment pouvait effaroucher un troupeau de chasseurs bourrés, une division de délinquants prépubaires, voir une chienne
lubrique en chaleur. Cet ami venait régulièrement coller ses groles à l'Apostrophe'Café pour casser les burnes du
taulier. Il n’a jamais voulu changer de crémerie.
Franckie-Love-Moustache...vision...
Cyril, un vieux pote du Reskator [toujours en concert nulle part] était un artiste forgeron, photographe-épicurien, musicien-dolmen breton. C’était le genre de mec
qui devant le zinc avait une telle descente, que même Phiphi-cul-sec & Raymond-gueule-en-pente qui avaient une réputation terrible dans le coin, paraissaient des enfants de chœur !
Constantin qui était d’origine roumaine était arrivé ily ades années en France par hasard. Avec le temps le zigue était devenu peintre dilettante. Gros buveur, quelques fois nerveux, souvent
grossier sous l’emprise de l’alcool mais jamais violent, était un grand amateur de poésie, de littérature, de chansons françaises. Le cœur sur la main il aimait offrir des tournées à ses amis
tout en demandant au taulier de lui faire écouter à tue tête la musique de Jimi Hendrix. Catherine son épouse, une femme charmante, élégante, avait du cœur à l’ouvrage.
Franckie-Love-Moustaches & Rujed [le R]...discussion...
Constantin & Vince-le-pingouin...
Katheline était la jolie rousse du zinc. Douce infirmière qui était toujours au plus près des gens en grande difficulté sociale. C’était une femme de caractère qui
ne se privait jamais de remettre les gens à leur place. Franckie était prévenu ! Mehdi était le copain de Kath. Particulièrement attaché à sa compagne, il mariait avec plaisir la vigilance
particulière, le désir de possession exclusive ainsi que les exigences d’un amour inquiet. Marie était une copine de Kath, je pouvais affirmer à son intention que la simplicité était le caractère
de son style. Linda était également une copine de Kath. C'était une gentille fille , jolie, qui parfois passait son temps à tourner les pages d'un bouquin. Très discrète elle accompagnait
régulièrement Kath. Thomas, [Chef, oui chef] était militaire. Il avait une grande gueule (évidement) roulait toujours des épaules, marchait comme un cowboy. De temps en temps il buvait quelques
verres de Jack Daniels pour nous faire croire que c’était un vrai dur mais en réalité ce n’était qu’un jeu. Souvent soupe au lait il lui arrivait toute fois d’être un homme charmant. Il faisait
partie des rares habitués du troquet à aimer le jazz et le blues.
Hulk-le-routier...rêve...
Louison était un mec poilu comme un cercopithèque, qui n’avait pas volé le bissicra de Bobet mais qui était le roi de la débrouille. Il ne se séparait jamais d’une
petite boite bizarre qu’il cachait dans le fond de sa poche. Louison était le genre de gus qui, au comptoir, balançait en moins de deux, au premier blaireau casse couilles, la vanne qui tuait.
Nath, était copine de Zon. Toujours très réservée. On se demandait parfois si Nath était dans la salle. Rico était un guitariste qui n’avait pas de cheveux, qui n’avait pas l’air commode. Parfois
au bout du comptoir le gars grondait sourdement tout en mâchouillant le bord de son verre parce qu’il en avait marre de trop bosser ! Tof était surnommé le Charles de Gaulle des échecs ou
Grand-Maître-Tof, toujours à l’appel du combat. Il s’égarait souvent dans le maquis de ses diverses variantes et perdait ses parties contre Johnny et Picus. Parfois historien, souvent
hâbleur, Grand-Maître-Tof nous a laissé quelques très bonnes brèves au pied du zinc de l’Apostrophe'café.
Boug-le-routier...phantasme...
Thomas [THC] était un grand beau garçon qui avait l’air timide. Thomas était par instant cinéphile, mélomane .Il était aussi comme un éternel gamin curieux,
émerveillé devant tous les disques que la vie offrait à ceux qui voulaient bien les entendre. Un jour il s’est transformé en THC 66 pour vivre dans l’espace. Le petit Steph, connu devant le zinc
sous le sobriquet [la Fouine] était vendeur de bouquins de science fiction, d’héroïque fantaisie et d’autres belles choses. C’était un des plus anciens habitués de l’Apostrophe'Café. Quelques
fois il aimait boire une bonne binouze. Dans une conversation il n’hésitait pas à faire comprendre à ses interlocuteurs qu’il n’était pas forcément content de son sort. Justine, la compagne de la
Fouine, gardait toujours les pieds sur Terre, aimait parfois boire un petit kir à l’Apostrophe'Café, balader son chien patate. Dan, un pote de la fouine, était un mec qui parlait plus vite que
l’éclair. Il avait toujours un truc à raconter, en sa compagnie il'ennuie n'existait pas.
Constantin...artiste...
Tronches...la suite...
Johnny [pas Halliday] fort comme deux portugais sans truelle, qui, parfois tout en buvant un Monaco portugais [bière, fraise & huile de foie de morue] vous
déménageait votre frigo ou votre buffet rien que sur son dos. Doté d’un caractère de gros cochon il avait souvent le cul bordé de nouilles quand il jouait aux fléchettes, à la belote, au tarot et
parfois au poker. Très dépensier il vivait beaucoup en début de mois… Jean-Guy, était un vieux pote de Vince. Ce mec était également militaire. Plutôt que de faire le zouave en treillis il a
préféré étudier la météo afin de se démarquer de l’ordre militaire. Attention, si vous aviez une copine, il est déjà sur le coup !
O'Brien...photographe...
Parfois au coin du zinc tout en écoutant un disque ou en dégustant un bon godet vous auriez pu croiser le fameux Thomas, dit Zob, l’homme qui avait des journées de
trente heures, qui parlait de tout & de rien, qui était toujours fatigué et qui passait beaucoup de temps au pieu en compagnie de grenouilles. Sa particularité, posséder le plus de disques
possible, de livres et de choses qui ne serviraient jamais à rien. Vous auriez pu croiser Sébastien, dit [Croquignol] ou [le Président] un garçon qui entreprenait beaucoup de choses en même temps
mais qui contrairement à ses potes était toujours accompagné par une jolie fille. Sylvain, était un pote du Prez qui aimait beaucoup la musique et qui faisait également beaucoup de choses en même
temps. Quand il avait un moment il n’hésitait jamais à faire découvrir un disque au taulier de l’Apo. Stan, dit [Gomina ou l’historien] était un jeune qui passait un peu de son temps à la fac, un
peu de son temps le nez dans un livre d’histoire, un petit peu de son temps avec des filles, faisait un peu de politique, un peu…Nicolas, était un mec qui se promenait toujours avec sa
clarinette. Gaëlle, la copine de Nicolas, appréciait particulièrement la clarinette de Nicolas. Chaque jour vous auriez pu croiser à une table [ou plusieurs] des joueurs de cartes. Pierre [Hulk]
un gros routier sympa qui n’aimait pas se faire marcher sur les arpions. Florent [petit goret] aller l’OM, Jean-Pierre [le pharmacien] sa copine Amélie [la pharmacienne] Greg [Mini goret] Alex,
Sylvain, Miguel, Sylvain [encore] Antoine, Kevin…Toki-Woki un garçon sympathique qui parlait en morse et qui un jour s’amourachait de Kathie la femme culbuto.
Boug-le-routier...repos du guerrier...
Parfois vous auriez pu croiser O’Brien, un ami du taulier, un gars qui n’étaitt pas du tout écossais mais plutôt parigot. Un gus qui avait une bonne descente au
rouquin, un sacré bon coup de fourchette, qui se débrouillait superbement bien en photographie. Cet artiste a exposé plusieurs fois à l’Apo. O’Brien travaillait essentiellement sur Paris mais dés
qu’il avait un moment il venait en Touraine pour saluer son ami Rujed [le R] et se ressourcer du côté de l’Apo. Vous auriez pu croiser également : Chtidemi, un gars rongé par la timidité,
amoureux transit de Kath. Anne-Claire, une blonde aux très, très gros roploplos. En devenant infirmière elle a fini par s’expatrier à Paname. Céline, dit [Panzer] (voir définition dans le dico le
plus proche) qui s’est fait la c’rise vers Toulouse pour ne plus entendre parler son découvert bancaire. Jean-Pierre, le seul banquier qui ait fréquenté le troquet. Jean-Pierre était un homme qui
expérimentait régulièrement la fraternité, la solidarité, qui pratiquait de temps en temps des rites symboliques. La maladie l’a obligé à quitter prématurément son bistrot préféré. Pascal et
Françoise qui exploitaient le Stéréo, boite à la mode en face du troquet. Etablissement dans lequel nous ne faisions pas grand-chose mais endroit dans lequel nous bûmes de nombreux verres. Tibo,
[Pompadour, boucles d’or] un jeune homme qui étudiait assidûment l’histoire. Boucles d’or exprimait la sagesse, ce mélange qui provient de la connaissance des événements passés, soit par une
expérience vécue personnelle, soit par l’étude de l’histoire.
Le Reskator [toujours en concert nulle part] et rujed [Le R]...
A l’Apostrophe'Café vous avez souvent croisé ou discuté avec Rujed, le frangin du taulier.
Plus connu sous son nom d’artiste [Le R] celui-ci a très souvent suspendu ses croûtes, ses collages, ses réflexions personnelles sur les murs de l’Apostrophe'Café. Grâce à cet artiste, la vie de
l’Apostrophe'Café se démarquait de la routine rencontrée dans d’autres troquets et permettait à nombre de personnes de
jeter un regard différent sur l’art, sur l’endroit qu’elles aimaient fréquenter. A l’Apostrophe'Café la qualité du
dialogue dépendait en effet des modes de contact mis en place. Entre toutes ces personnes qui passaient devant le zinc, Rujed [le R] et Picus s’efforçaient d’instituer une relation de transfert
cadrée et peu aliénante pour permettre un échange humain et fondateur d’histoires.
Toutes les illustrations de cet article sont la propriété de Rujed [Le R].
Picus Baljan © Apostrophe’Café-LiveNews® janvier 2011©